Parc National Torres del Paine

Publié le 13 Janvier 2016

Parc National Torres del Paine

Depuis que nous avons commencé notre tour du monde nous avons rencontré pas mal de voyageurs et le trek de Torres del Paine est souvent revenu au cours des discussions. Il semble être un « incontournable » des treks d’Amérique du Sud. Nous faisons donc une petite escale au Chili le temps d’une semaine Il s’agit d’un parc national chilien situé entre la Cordillère des Andes et la Patagonie où un circuit appelé le « W » est balisé permettant d’arpenter le parc et de voir une multitude de paysages plus beaux le uns que les autres. Pour se faire il faut partir en moyenne 5 jours avec tente, nourriture, une bonne paire de chaussures et une sacrée dose de motivation, un cocktail bien corsé pour moi qui ne suis pas fan de ce genre d’expédition. Antoine lui était déjà conquis et attendait cette étape avec impatience. Histoire de bien débuter l’année nous partons de Puerto Natales (la ville étape) le 1er janvier après avoir loué tente, réchaud, duvets -7°, matelas (quand je dis matelas n’imaginez pas un matelas gonflable confortable mais le petit tapis de sol pas épais du tout). Nous partons avec 5 jours de nourriture alors il nous a fallu calculer au repas près et au plus léger, donc pas de grands repas mais de quoi se donner des forces avec en must des crêpes maison et des tablettes de chocolat (oui il faut utiliser les grands moyens).

Nous partons donc à 7h30 le sac plein, les jambes légères pour Torres del Paine. Nous nous arrêtons au début du W, installons notre tente dans un camping entouré de montagne, c’est très paisible, bien loin du camping des flots bleus. A 11h15 nous entamons la première étape, une marche de 8h avec une belle ascension pour atteindre les pics granitiques des « tres Torres » et sa lagune. On nous a conseillé de commencer par là car le temps était clément mais malheureusement plus nous nous approchons du point culminant plus le temps se gâte et finalement nuages, brouillard et pluie sont au rendez-vous. Cela ne nous empêche pas d’être admiratifs devant la beauté des lieux. Nous attendons un peu dans l’espoir d’une amélioration, en vain. Nous redescendons tranquillement mais le dénivelé et les nombreuses pierres auront raison de moi, je chute sur mon poignet droit qui ne manque pas de gonfler rapidement, rendant impossible la mobilisation de ma main… Nous laissons passer la nuit et décidons de continuer mais Antoine doit m’aider pour tout… (J’aurai au moins eu le privilège de ne pas faire la cuisine ni la vaisselle). Bilan J1 : 8h de marche, 18 km, un poignet en moins.

Le deuxième jour, après avoir dormi 12h (comme quoi les matelas font l’affaire ou alors la fatigue nous a déjà gagnés) nous partons avec les sacs pour une randonnée de 16 km en 6h d’un bon pas. Nous longeons un lac d’un bleu émeraude qui rivalise avec le vert des sapins c’est très joli et très calme bien que nous croisons pas mal de randonneurs. Le vent se fait sentir en fin de journée nous balayant complètement par moment, au point d’être souvent déséquilibrés, cela ajoute un cran de difficultés au parcours. Nous installons tant bien que mal notre tente au milieu des sapins et le repas purée knacky d’Antoine est savouré comme un festin. Bilan J2 : 6h de marche, un lac aux eaux turquoise, 16 km, un cuistot au top.

Le troisième jour nous partons à l’aube car une grosse journée nous attend. Nous débutons par l’ascension du mirador Britanico, nous trouvons un petit camping en bas du mirador pour y déposer nos sacs et c’est une chance car le chemin grimpe bien alors être léger nous permet d’y accéder plus rapidement. Nous sommes au milieu des montagnes et à deux reprises nous sommes spectateurs de deux avalanches. Arrivés au mirador nous avons une vue panoramique sur la chaine montagneuse. Nous redescendons à belle cadence, récupérons les sacs et parcourons le reste du trajet au rythme des lagunes et lacs qui ne cessent de nous impressionner. Les distances sont importantes et on ne semble pas voir la fin. C’est épuisés que nous nous installons sur les rives du lac Pehoé où nous resterons deux nuits. Il y a un grand chalet en bois où tout le monde cuisine et se restaure, c’est une ambiance assez sympa, nous avons tous les mêmes allures (un peu sales avouons-le, fatigués et affamés). Bilan J3 : 8h de marche, 21 km, toujours le moral !

Le quatrième jour, le réveil est un peu plus difficile, on a eu froid pendant la nuit et on a mal partout. Heureusement aujourd’hui les sacs restent au camp mais le vent s’invite. Les bourrasques sont très fortes, de dos ça passe encore mais de face c’est infernal. Nous nous prenons plein de terre dans le visage et nous sommes sans cesse déséquilibrés. Objectif du jour le glacier et ses icebergs, cela nous fait oublier un peu le dénivelé et les 24 km à parcourir. Nous sommes une fois de plus impressionnés par ce paysage. On se sent tous petits à côté et on prend le temps de se poser pour admirer les lieux. Le retour n’en finit pas, nos corps commencent à clairement exprimer la fatigue. Bilan J4 : 6h de marche, 24 km, des images incroyables plein les yeux.

Le cinquième jour, la majorité des gens ne marchent pas mais prennent un catamaran qui les fait traverser le lac et rejoindre le bus. Etant juste dans le budget nous préférons ne pas prendre le catamaran donc nous terminons par 17 km pour prendre le bus. Nous avons passé encore une nuit difficile, la force du vent est éprouvante, les tentes s’envolent et je vous laisse imaginer comment se déroule le rangement d’une tente dans une tempête, enfin ça nous aura bien fait rigolé tout de même. Heureusement les derniers km se font sur du plat mais on a l’impression de ne pas voir la fin, pour moi ces derniers km sont un cauchemar, c’est au bout du rouleau que j’arrive au lieu de rendez-vous, sale, épuisée et découvrant des douleurs un peu partout dans mon corps. Vive les treks! Bilan J5 : 5h de marche, 17 km, nous sommes k.o. mais c’est fini!

Bilan final: 94 km, 33 h de marche, des montagnes, des lacs, un glacier, des icebergs, des avalanches, du vent du vent et du vent, des douleurs, des souvenirs pour le reste de notre vie.

Rédigé par Lucie

Publié dans #Chili

Repost 0
Commenter cet article