Les Volcans Kawah Ijen et Bromo

Publié le 7 Juin 2016

Les Volcans Kawah Ijen et Bromo

Nous avons quitté Nicolas, Hélène et Paul après 3 belles semaines passées à découvrir une partie de l’Indonésie qui nous auront permis de faire une petite « pause » dans le rythme effréné du tour du monde et de profiter de nos proches.

Maintenant la course reprend, il ne nous reste qu’une semaine pour balayer l’île de Java car notre visa n’est que de 30 jours. Nous nous levons tôt, profitons d’un dernier petit déjeuner de pancakes salade de fruits et nous prenons le taxi pour le terminal de bus de Denpasar. Le périple commence… A peine arrivés au terminal, 6 indonésiens encerclent le véhicule et nous observent à travers les vitres prêts à nous vendre toute sorte de choses. J’ai un moment d’hésitations avant d’oser descendre. Finalement nous négocions un aller pour Banyuwangi notre première ville étape dans un bus rudimentaire sensé partir rapidement. Hélas comme en Bolivie il nous faudra attendre qu’il soit plein pour partir, supporter pendant 6 heures le bruit des klaxons incessants (au lieu des 4 prévues), prendre un ferry, être serrés comme des sardines, étouffer de chaud, faire des selfies avec les indonésiens qui doivent trouver nos têtes rigolotes… Bref un trajet mémorable. On arrive bien fatigués mais on finit par trouver un hôtel et un chauffeur pour nous conduire au Kawah Ijen à 4h le lendemain matin. Le réveil s’accorde avec l’appel à la prière et on prend conscience de la place importante de la religion musulmane en Indonésie, les hauts parleurs sont nombreux diffusant l’appel dans toute la ville.

Après une heure de route nous arrivons au volcan Kawah Ijen ou « cratère vert » qui culmine à 2400 m d’altitude, une petite ascension de 650m de dénivelés en 3 km nous aident à nous réveiller. Il s’agit du principal centre d’exploitation de souffre de l’indonésie, on y croise des mineurs épuisés par la centaine de kilos qu’ils portent sur leurs épaules chaque jour. On débute la montée de nuit avec la frontale et on découvre progressivement le paysage sous les premiers rayons du soleil. A l’arrivée on s’extasie devant l’ampleur du spectacle, une immense fumée de souffre se répend et au fond du cratère un lac couleur vert d’eau est présent. Les pentes du volcan sont striées, c’est magnifique. On passe un bon moment à observer le paysage malgré la fraicheur matinale.

Il est encore tôt quand nous regagnons Banyuwangi, le temps de se faire servir un bon petit déjeuner à base de riz, légumes et omelette et nous voilà repartis pour une journée de transport. Notre chauffeur nous accompagne au bus direction Probolinggo. Cette fois nous partons presque à l’heure et il y a l’air conditionné mais le bus devient vite bondé, Antoine ne répond pas au critère de taille indonésien, ses jambes ne passent même pas entre les deux sièges. Le trajet est interminable, nous arrivons vers 18h30, il fait nuit, on découvre que le chauffeur nous a laissé à 2km du terminal de bus. On se retrouve à pieds dans le flot de circulation complètement perdus. Finalement on trouve le lieu d’où partent les bémos (minibus local) pour le deuxième volcan : le Bromo. Nous sommes à 46 km du volcan et le chauffeur refuse de partir tant que son bémo n’atteint pas les 15 passagers (nous sommes les deux seuls). La fatigue aidant, nous finissons par une bonne engueulade devant des indonésiens étonnés. Finalement nous décidons de nous stopper à Probolinggo pour la nuit et de retenter notre chance le lendemain. L’hôtel choisi n’a rien de luxueux, la taille du cafard découvert dans la salle de bain nous inquiète un peu mais épuisés nous passons une bonne nuit.

Le lendemain nous repartons vers les bémos, cette fois nous sommes 4 mais c’est encore loin du compte… Je pars donc en quête d’une autre solution. Après une bonne négociation nous voilà tous les deux chacuns sur une moto (derrière le motard bien sûr), les gros sacs sur le dos et c’est parti pour 1h de route. Les paysages sont magnifiques et malgré le manque de pêche de ma moto (m’obligeant à descendre et à monter à pieds une sacré côte sous le regard amusé d’Antoine), nous arrivons à Cemoro Lawang située en bas du Bromo en fin de matinée.

Les logements sont plus que rustiques et heureusement on finit par rencontrer Fany et Quentin, deux français en voyage en Indonésie pour deux mois. On prend une chambre toute simple chez l’habitant à côté de celle de nos nouveaux compagnons de route mais avec une petite entrée qui nous servira de salon et où nous passerons l’après-midi à papoter et à jouer au « uno » devant une météo pluvieuse.

Le lendemain matin le réveil sonne à 2h30, équipés de nos frontales nous partons tous les 4 à pieds pour rejoindre le point de vue « King Kong point » pour le lever du soleil sur le mont Bromo. La randonnée est moins facile que ce à quoi nous nous attendions. Dans le noir il nous est difficile de nous repérer, la pluie de la veille a rendu le sol glissant, les derniers kilomètres se font dans la forêt la tête dans les branches. Nous arrivons au point de vue, contents d’y parvenir enfin. Nous ne sommes pas plus de 20 à attendre le lever du soleil, une indonésienne est au coin du feu et a prévu de l’eau chaude et du thé pour les randonneurs matinaux, un petit plaisir non négligeable. Au fur et à mesure les premiers rayons apparaissent et nous laissent apercevoir ce géant qui crache de la fumée grise épaisse. Le bruit du volcan est lui aussi spectaculaire (on pensait d’abord que c’était de l’orage). Nous assistons bel et bien à une éruption de nuages de cendres. On a bien fait d’être patients.

Nous redescendons tranquillement et découvrons les terres agricoles pentues exploitées par les paysans qui toute à l’heure se dissimulaient dans le noir. On imagine la difficulté de travailler cette terre et on est admiratif de leurs labeurs, tout est régulier, bien vert, un paysage de carte postale.

Nos projets pour la journée sont de regagner Probolinggo et de prendre un train pour Yogyakarta. Nous partons à la recherche d’un bémo et les négociations commencent. Notre train est à 11h et 7 heures de trajets nous attendent plus l’heure de bémo… Donc pas beaucoup de temps à perdre mais vous l’aurez compris, tant qu’il n’est pas plein… on ne part pas. Hors de question d’attendre, on finit par négocier avec 8 autres voyageurs pour payer un peu plus chacun mais pour partir immédiatement en direction de la gare. Challenge réussi, on est des sérieux concurrents de Pékin Express !

Pour une fois tout se passe comme prévu, on arrive tous les quatre en soirée à Yogyakarta dans un hôtel plus confortable ou nous dînerons et passerons une nuit réparatrice.

Rédigé par Lucie

Publié dans #Indonésie

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